le Pirate Forum
    from 68 to 08…
  • Message par Naromrok, mercredi 28 novembre 2007 à 21h14

Just a pavé !


__________________________________________________________________________



Dans six mois, résonnera l'anniversaire d'un moment historique… Quel slogan préférez-vous :mrgreen: :?:
Chaque homme croit en quelque chose… moi je crois que je vais reprendre une bière !
  • Message par coignet, mercredi 28 novembre 2007 à 23h17

  
Jamais du côté de la police... C'est culturel, je crois.
Ta question est donc bien spécieuse !
  • Message par Edouard H, jeudi 29 novembre 2007 à 7h09

PARIS MAI


Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris

Le casque des pavés ne bouge plus d'un cil
La Seine de nouveau ruisselle d'eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile
J'ai retrouvé mon pas sur le glabre bitume
Mon pas d'oiseau forçat enchaîné à sa plume
Et piochant l'évasion d'un rossignol titan
Capable d'assurer le sacre du printemps

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris

Ces temps-ci je l'avoue j'ai la gorge un peu acre
Le sacre du printemps sonne comme un massacre
Mais chaque jour qui vient embellira mon cri
Il se peut que je couve un Igor Stravinski

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris

Et je te prends Paris dans mes bras pleins de zèle
Sur ma poitrine je presse tes pierreries
Je dépose l'aurore sur tes tuileries
Comme roses sur le lit d'une demoiselle
Je survole à midi tes six millions de types
Ta vie à ras-le-bol me file au ras des tripes
J'avale tes quartiers aux couleurs de pigeon
Intelligence blanche et grise religion

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris

Je repère en passant Hugo dans la Sorbonne
Et l'odeur d'eau-de-vie de la vieille bonbonne
Aux lisières du soir, mi-manne, mi-mendiant
Je plonge vers un pont où penche un étudiant

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, Paris

Le jeune homme harassé déchirait ses cheveux
Le jeune homme hérissé arrachait sa chemise
Camarade ma peau est-elle encore de mise
Et dedans, mon coeur seul, ne fait-il pas vieux jeu
Avec ma belle amie quand nous dansons ensemble
Est-ce nous qui dansons ou la terre qui tremble?
Je ne veux plus cracher dans la gueule à papa
Je voudrais savoir si l'homme a raison ou pas
Si je dois endosser cette guérite étroite
Avec sa manche gauche, avec sa manche droite
Ses pâles oraisons, ses hymnes cramoisis
La passion du futur, sa chronique amnésie

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, Paris

C'est ainsi que parlait sans un mot ce jeune homme
Entre le fleuve ancien et le fleuve nouveau
Où les hommes noyés nagent dans leurs autos
C'est ainsi, sans un mot, que parlait ce jeune homme
Et moi l'oiseau forçat casseur d'amère croûte
Vers mon ciel du dedans j'ai replongé ma route
Le long tunnel grondant sur le dos de ses murs
Aspiré tout au bout par un goulot d'azur
Là-bas brillent la paix, la rencontre des pôles
Et l'épée du printemps qui sacre notre épaule
Gazouillez les pinsons à soulever le jour
Et nous autres grinçons, pont-levis de l'amour

Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris
Mai, mai, mai, Paris mai, mai, mai, mai, Paris


Claude Nougaro
  • Message par coignet, jeudi 29 novembre 2007 à 7h49

  
La voyez-vous venir, la génération qui en 2008 voudra que la société pense autrement ?
Le voyez-vous venir, le mouvement qui en 2008 voudra interdire d'interdire, révolutionner les moeurs, envoyer les vieux cons au rancard, changer l'enseignement ?
Le voyez-vous venir le mouvement qui en 2008 voudra avant tout penser une société plus amusante et moins pesante ?

Moi non, je vois des gens qui pensent plutôt trivial et en tous cas très très normatif : ma retraite, mes sous, mon diplôme, mon appartement, ma bagnole, etc. C'est légitime, très légitime, mais ce n'est pas 1968.

  
J'ai l'impression (mais c'est un jeune con même pas né en 68 qui écrit) que beaucoup de ceux qui ont "fait" mai 68 pensent aujourd'hui "mes sous, ma retraite, mes impôts..."
Coin.
  • Message par Tromer, jeudi 29 novembre 2007 à 16h04

  
Naromrok j'aime bien ton montage :-)

Les petits "moa" ont remplacé les "mao". L'eau a coulé dans la Seine et c'est à présent sur scène qu'ils se voient. Les petits enfants de 2008 ont appris que des vieux en 1968 écrivaient l'amitié, l'amour la joie sur les murs, mais aussi la peine, la peur et la haine. L'espoir.
Je ne sais si ce genre d'anniversaire se célèbre, pourquoi pas ?
Les ados ont toujours envie de crier amitié, amour et joie mais aussi peine, peur et espoir. Sauf qu'on leur a dit que c'était pas bien d'écrire sur les murs.
Alors ils inventent. :D:

Expression de lycéens en colère. Collège parisien. 28/11/2007
    Re: from 68 to 08…
  • Message par garotinho, vendredi 30 novembre 2007 à 15h52

  
Naromrok
...Dans six mois, résonnera l'anniversaire d'un moment historique… Quel slogan préférez-vous :mrgreen: :?:


Les deux affiches sont très bonnes, je ne saurais pas laquelle de deux choisir :roll:
Texte et photos bien choisis. Le message passe bien, pas d'équivoque possible. Alors, efficace !

Mai 68 évoque un esprit contestataire de l'époque. Le printemps de Prague, les hippies à San Francisco, la naissance de mouvements revolutionnaires dans certains pays du tiers monde...
Mais il me semble que mai 68 c'est plutôt le désir de croire aux utopies, ce qui est très bien d'ailleurs :wink:
Aussi, la recherche du bonheur, ou peut être plus simplement l'envie de faire la fête. Mais pas chez-soi, de préférence dans la rue.
J'avoue donc que se replier sur soi (déjà évoqué par Coignet; ma retraite, mes sous, mon diplôme, mon appartement, ma bagnole, etc.) comme choix de société ne m'emballe pas trop :-x Mais il paraît que c'est la musique la plus écoutée (ou la mieux diffusée :?: ) de nos jours.
Alors, je me réjouis de l'existence de ces deux affiches, ça va probablement compenser une tendance quelque part :D
touche pas à mon hamac !
http://barnackla404.blogspot.com/
  • Message par Platon, dimanche 2 décembre 2007 à 22h05

je connais un soixante-huitard il a toujours les cheveux longs aime jouer au foot avec ses potes et va au café tous les soirs, et plein d'autres clichés. Bref certains y ont cru et y croient encore.
Ce qui me manque le plus des valeurs de 1968 c'est le respect. Comment faire une révolution au nom du respect?

Je suis de l'avis de Coignet il faut regarder l'avenir pas le passé (tout comme en 68 :bla: )
  • Message par Quada Phi, lundi 3 décembre 2007 à 18h22

Souriceau lurkant
J'ai l'impression (mais c'est un jeune con même pas né en 68 qui écrit) que beaucoup de ceux qui ont "fait" mai 68 pensent aujourd'hui "mes sous, ma retraite, mes impôts..."


là t'as bien raison ... :lol: :lol:


heu pour la deuxième partie de ta phrase ...ben oui :mrgreen2:

  
ravaillac
heu pour la deuxième partie de ta phrase ...ben oui :mrgreen2:


Pour la 1ère aussi, t'inquiètes... :lol: :lol: :lol:
Coin.
  • Message par Quada Phi, lundi 3 décembre 2007 à 21h46

pour faire court ... 68 c'était bien et la retraite c'est encore mieux ! :bla:
j'ai longtemps milité pour la semaine de 60 heures ! ... et la retraite à 40 ans !
c'est vrai que depuis j'ai tourné ma veste mais c'est par conviction pas par intérêt
bon, c'était le bon temps quant même ma seule fortune ... une mobylette à crédit !
et pendant ce temps Dutronc chantait " Paris s'éveille "

bises à tout le monde :bise:

  
Plus tard, Dutronc a chanté :
L'opportuniste
Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste

Il y en a qui conteste
Qui revendique et qui proteste
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je n'ai pas peur des profiteurs
Ni même des agitateurs
Je fais confiance aux électeurs
Et j'en profite pour faire mon beurre

Il y en a qui conteste
Qui revendique et qui proteste
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis
Je suis de toutes les patries
Je suis de toutes les coteries
Je suis le roi des convertis

Il y en a qui conteste
Qui revendique et qui proteste
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je crie vive la révolution
Je crie vive les institutions
Je crie vive les manifestations
Je crie vive la collaboration

Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu'un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté

Je l'ai tellement retournée
Qu'elle craque de tous côtés
A la prochaine révolution
Je retourne mon pantalon
Coin.
  • Message par Quada Phi, lundi 3 décembre 2007 à 23h03

c'était la même époque, génial Dutronc ! ça y est v'la les souvenirs qui remontent !
  • Message par Naromrok, mardi 4 décembre 2007 à 11h39

Just a pavé !
Les étudiants lâchent l'affaire… :oops: :( :-x

L'Unef y est allée de sa "petite" trahison…
Julliard quitte la direction du syndicat étudiant et il y a fort à parier qu'on le retrouve très bientôt sur une liste électorale aux prochaines municipales pour se complaire sous les lambris de la République.

Il y a en moi un mélange de tristesse et de rage.
Jamais je crois un politique n'a eu une acuité aussi précise de l'état de la société française et de son opinion. Sarkozy sait comment en jouer et parfaitement manœuvrer entre les renoncements de chacun, la faillite des convictions, les indivualismes, le manque de courage, etc…
Ce matin, je suis écœuré de ne plus être "jeune" sans quotidien à digérer, sans "révolution" à mener… Je sens mon âme corrompue ! Comme le dit en substance Coignet : une fois atteint un certain niveau de confort, on ne veut plus le perdre et prendre des risques. J'ai honte d'en être arrivé là et j'ai honte aussi pour les autres. :oops:

Chaque homme croit en quelque chose… moi je crois que je vais reprendre une bière !
  • Message par coignet, mardi 4 décembre 2007 à 20h18

  
Je crois que c’est une constante de l’UNEF : servir de tremplin pour ses dirigeants, vers une autre vie politique, une carrière, être un marchepied vers les ors de la République.
Je ne suis pas convaincu qu’ils cherchent à être un « vrai » syndicat, au sens où l’UNEF serait une force d’opposition et de négociation. S’y retrouvent des étudiants qui y font leurs premières armes politiques, pas toujours de la manière la plus transparente, ni la plus démocratique.
Je me souviens, lors de ma vie d’étudiant, des tentatives (souvent réussies), de faire voter n’importe quoi, en toute opacité, et avec pas mal d’intimidation.
Je me souviens aussi d’amis qui en faisaient un tremplin ; certains sont maintenant au PS, dans les sphères dirigeantes.

Alors, écœuré de ne plus être "jeune" ? Non, pas du tout, pour ma part, très heureux d’être ce que je suis, maintenant, ici.
J’ai la faiblesse de croire que dans mon métier, et dans d’autres activités périphériques, ce que je fais est utile. Je pense pouvoir être utile autrement qu’en pensant à la réforme de la société, et, tout en étant plutôt de ceux qui sont politisés, je laisse aux professionnels le soin d’agir et diriger l’action.

Certains d’entre eux sont d’une efficacité confondante (tu cites notre président), et je les déteste cordialement. Mais il faut bien aussi avoir une couleur politique, et celle-ci (celle de notre président) n’est vraiment pas la mienne (*).

(*) : c'est magique : qu'il cherche à parler de l'âme de la France, qu'il porte des joggings ou des costumes noirs, qu'il cherche à avoir l'air sympa ou qu'il gueule comme un soudard, qu'il fasse de la politique ou fréquente les arts (genre Hallyday ou Clavier...), je ne peux pas le supporter, c'est ainsi, c'est culturel, et peut-être génétique ? :mrgreen:

Je ne pense pas mon âme corrompue, au contraire.
Je me maintiens loin de ce type d’action, car aucun mouvement ne me satisfait.
Surtout pas les mouvements étudiants, pour les raisons évoquées ci-dessus, mais aussi car j’ai le sentiment que la position d’étudiant en grève est incohérente : la grève est un moyen de peser sur une direction (au sens large ou restreint) pour obtenir par la force ce qu’on n’a pas réussi à obtenir par la discussion, dans un rapport de force, comme le contrat de travail, qui est, pour beaucoup de salariés, une violence.
Les étudiants n’ont pas signé de contrat autre que de recevoir une formation gratuite ou peu onéreuse, dispensée par de grands professeurs qui, de manière assez magique, même lorsqu’ils sont des pontes, viennent chaque jour offrir leur savoir dans des amphithéâtres d’accès libre. Je trouve cela admirable.
Je me souviens ainsi avoir écouté Maurice Aghulon, Pascal Ory, et bien d’autres, certes dans des locaux pourris, certes en très grand nombre, mais quelle merveille, tout de même !

Autant je comprends la révolte d’une jeunesse qui demande : « quelle place pour nous demain », « quelle société voulons nous bâtir », etc., autant je ne comprends pas ce bras de fer avec des universités mises en péril, alors qu’elles n’ont d’autre objectif que d’offrir ce savoir ouvert.

J’ai vraiment l’impression que ces agissements sont le fait de minorités manipulées, récupérées, par des mouvements politiques qui ne prennent même pas la peine de leur expliquer quels sont leurs objectifs réels.

Je ne voulais pas dire qu’une fois atteint un certain niveau de confort, on ne veut plus le perdre et prendre des risques, mais qu’il me semblait que les revendications entendues ces dernières années de la part des étudiants étaient soit coupées de toute réalité, soit surtout pilotées par des minorités activistes au service de partis, et non issues d’une volonté profonde d’une génération de vivre autrement, de penser la politique autrement, ce qui était, quoiqu’on en dise et pense, et quoi que soient devenus leurs dirigeants (on les dit embourgeoisés, traîtres, et toutes sortes d’autres choses), le fait des soixante-huitards, qui ont durablement changé la manière de voir le monde et la vie.

Mais comme le dit Garotinho, 68, ce n’était pas que quelques voitures brûlées à Paris, ou un vieux chef français vacillant, c’étaient des mouvements mondiaux, de révolte contre l’URSS, contre la politique US, contre le paternalisme politique, pour le plaisir, la liberté, la culture, l’espoir.
Jouissons sans entrave…


Ceci étant dit : belle, ta dernière photo !
  • Message par Edouard H, mardi 4 décembre 2007 à 20h47

Je te rejoins entièrement
Je ne pense pas que ton rejet de la tête de l'exécutif pour ne pas dire tête de ******** soit génétique mais une réaction face a une personne qui est l'antithèse de ce qui nous est précieux.

Sinon c'est vrai la fac a beaucoup de défauts, mais en France elle a une qualité, les études sont abordables. On peut ainsi avoir accès à la connaissance.
Voir et entendre Aghulon (peut être qu'un jour je le remplacerai), je te jalouse, il faut lire ou relire "1848 ou l'apprentissage de la République" Beaucoup de ressemblance entre l'élection de Louis Napoléon Bonaparte et de notre président actuel, par l'utilisation de la communication.
Sinon l'action, à la fac, j'ai vite déchanté face aux syndicats étudiants. Trop brouillon pour être efficaces. Trop de grandes geules ayant des objectifs plus ou moins nobles.

J'espère être plus efficace par mon application dans l'éducation populaire, belle idée hélas trop maltraitée.

Et puis dans mon boulot si de temps en temps j'ouvre les yeux d'un gamin sur la nécessité de réfléchir avant d'agir, sur la complexité du monde et sur la beauté de la connaissance, et bien j'aurais pas tout perdu
(SVP me dites pas que c'est une illusion car je vais perdre toute envie de bosser)
  • Message par Tromer, mercredi 5 décembre 2007 à 9h28

  
Edouard H
Et puis dans mon boulot si de temps en temps j'ouvre les yeux d'un gamin sur la nécessité de réfléchir avant d'agir, sur la complexité du monde et sur la beauté de la connaissance, et bien j'aurais pas tout perdu
(SVP me dites pas que c'est une illusion car je vais perdre toute envie de bosser)

Tiens bon camarade ! Quinze ans de ma vie j'ai également tenté d'ouvrir les yeux à des gamins et aujourd'hui, longtemps après, je me dis que si un seul de ceux là regarde en face la vie, je n'aurai pas perdu mon temps.
Il n'y a pas d'illusion mais la concurence est rude et les moyens des enseignants bien limités face à tout ce qui pollue, d'une façon ou d'une autre, la vie des enfants mais aussi celle des parents !
PS. Fais gaffe quand même à pas laisser traîner ton avatar en cours de récré. :mrgreen2:
  • Message par Naromrok, mercredi 5 décembre 2007 à 11h24

Just a pavé !
Je ne sais plus quelle étude avait démontré que le niveau d'équipement des enfants et adolescents d'aujourd'hui équivaut à celui d'un cadre moyen des années 80 :shock:

Lorsque je parle "d'âme corrompue", c'est à cela que je pense. Je me suis mis dans le lot car ce que subit un enfant ou un adolescent, nous, adultes, de proche en proche, nous finissons par le subir aussi. Je pense qu'il faut être honnête pour admettre que la société d'aujourd'hui organise les frustrations, multiplie les égoïsmes, et place au même niveau de compulsivité la générosité (cf. la "vague" de dons après le Tsunami…) que l'achat (cf. l'hystérie des soldes, Harry Potter, l'Iphone… et le teasing qui les ont précédé).

Heureusement, j'ai la faiblesse de croire que je garde encore assez de lucidité pour me préserver de tels réflexes pavloviens trop définitifs. Qu'en est il des autres, de vous, de cette nouvelle génération du "jeter/remplacer" ?

Si j'ai débuté ce post avec une évocation de l'année 68, c'est parce que je sens bien que les mêmes ingrédients contestataires sont présents encore aujourd'hui et de façon planétaire. Le problème c'est que cette contestation est diluée, presque inaudible.
Dans les années 60, les dirigeants de ce monde ne maîtrisaient pas l'information, celle-ci leur échappait (on l'a vu avec le Vietnam entre autres). Aujourd'hui, l'information est contrôlée par les puissances nationales ou monopolisée par des groupes financiers (on l'a vu avec les deux guerres en Irak).
Le flux contestataire n'a plus le même impact. Il est presque stérile et surtout divisé. Même sur l'Internet, on sait que les "zones de liberté" sont devenues illusoires et notamment celle d'informer. Le web 2.0 interactif-particpatif-collaboratif est bien plus une formule marketing pour entretenir la bulle internet plutôt qu'un vrai projet "libertaire" (on le voit tous les jours avec Wikipédia par exemple, ou la difficulté ailleurs pour trouver la source d'une information qui ne soit pas une rumeur ou un hoax).

Pour finir, je dirais que je crois toujours aux cycles historiques, à ces fameux Kondratiev qui rythment l'évolution d'une société par quelques convulsions répétitives. L'histoire respire et parfois tousse. J'espère simplement que sa prochaine quinte de toux ne sera pas portée par la désespérance et la violence. :exas:
Chaque homme croit en quelque chose… moi je crois que je vais reprendre une bière !
  • Message par Quada Phi, mercredi 5 décembre 2007 à 13h57

en 68 c'était vachement différent !! on bossait comme des dingues pour des clopinettes !!
certes les loyers étaient bas mais sans confort pas de salle de bain ni de chauffage central et bien souvent les chiottes sur le palier ! ( sauf chez les bourges )
certes l'essence n'était pas chère mais comme nous n'avions pas de voiture ( sauf chez les bourges )
certes on se passait de télé car trop cher et puis pas le temps à cause du boulot ( sauf ... )
certes nous n'étions jamais malade car la sécu c'était limite ...

bon certains se sont bien reconvertis comme député eu ou haut fonctionnaire ( les traîtres !! ) et quand on voit le profil de certains meneurs je soupçonne qu'il ont une idée derrière la tête

mais voilà le temps a fait son oeuvre et après quelques désillusions je me suis dit qu'il fallait que je fasse à mon idée car dans ce bas monde même le meilleur ne vaut pas grand chose
Question politique c'est pas un secret je ne vote pas socialiste désolé :-x mais ça n'empêche pas que Laurent ( qui ne pense pas comme moi ) soit mon ami ...à moins qu'il décide le contraire ...
Bernard
  • Message par cpol, mercredi 5 décembre 2007 à 14h37

Sans soixante huit, nous serions encore en soixante sept, et avec la "réaction" en soixante quatorze et seize, puis... , la plus belle, celle de deux mille sept :

Coignet ne serait pas Kim et la Diva ne serait pas Marielle, ou le contraire.



Et, on trouve encore, sur les murs des murmures :



  • Message par coignet, vendredi 7 décembre 2007 à 8h21

  
Alors là, Naromrok, je suis totalement en accord avec ta définition de l'âme corrompue, ainsi qu'avec ce que tu dis concernant la dilution de la contestation, et le flux stérile et divisé.
La chute des idéologies doit y être pour quelque chose. Il n'y a pas de mouvement structuré fort au discours clair auquel se rattacher, si on est jeune en recherche de compréhension du monde.
Lors de la chute de communisme, (événements de mur de Berlin, chute de l'URSS, etc.), j'ai cru que c'était une bonne chose, que l'espoir communiste serait revisité, réinvesti intellectuellement, libéré de cette terrible et haïssable tutelle, et non, c'est l'inverse qui s'est passé, il a été oublié, ridiculisé, piétiné. Il faudra probablement longtemps pour que se réorganise une pensée de ce point de vue ; espérons qu'elle ne sera pas à nouveau appuyée sur des dictatures et des fantoches locaux à la Pol Pote ou Castro.

Pourtant, 68, c'était aussi la contestation du communisme ! Georges M. les détestait :mrgreen:
  • Message par Edouard H, vendredi 7 décembre 2007 à 18h13

Il ne faut pas confondre communisme et stalinisme très grand :kim

  
On parle de nous par ici...

Edouard H
Il ne faut pas confondre communisme et stalinisme très grand :kim


Bien sûr qu'il faut confondre.
L'idée qu'un état doit organiser la production et la vie des citoyens ne peut déboucher que sur du totalitaire dans la mesure où toute contestation y est par définition impossible et qu'il se construit donc nécessairement sur une autorité absolue.
La notion même de droit ne peut y exister.

On peut essayer de le diluer avec un peu de capitalisme et de corruption et cela donne la Chine d'aujourd'hui, paradis bien connu.
Ou avec de la bureaucratie corrompue et cela donne l'Inde, autre paradis.
(Car la corruption est l'inévitable complément de revenu de celui qui a le pouvoir, dans un état totalitaire un peu relaché)

Ou le préférer nature, avec culte de la personnalité comme chez Kim.

Facile de trouver cette herbe là plus verte quand on roule en leica, en France. Mais je ne suis pas sûr que le rêve de nos banlieues socialement sinistrées soit communiste. Et le dirigisme bureaucratique d'Etat a conduit nos universités à la débâcle. Quand va-t-on enfin évaluer sur les résultats et non sur les intentions supposées?

On peut se rêver anti-matérialiste, mais force est de constater que le bien-être que nous aimons tant ne peut se concevoir que dans des îlots de forte création de richesse, de progrès dirait-on, progrès qui nous effraie à proportion de l'angoisse de devoir nous en passer, comme dit un ami à moi.

On veut bien internet, le M8, la réanimation, mais pas le iphone, les 4x4 et le CAC ? je crois que tout ça va ensemble et qu'il est apaisant de l'admettre, vers la cinquantaine. Laissons donc les capitaux produire de la richesse inutile et les syndicats la redistribuer. Là où cela se passe comme cela, on vit mieux et plus longtemps cf http://www.gapminder.org/. Et laissons les jeunes croire qu'il en peut être autrement : la condition humaine n'est effectivement pas exaltante, n'est pas Hamlet qui veut... Et quelle absurdité que ce soit souvent vers la fin que l'on se décide enfin à prendre la vie comme elle vient...

:wink:
Quelqu'un qui fait des images ne peut pas être rassurant
Raymond Depardon, Errance
  • Message par garotinho, samedi 8 décembre 2007 à 16h52

  
coignet
Alors là, Naromrok, je suis totalement en accord avec ta définition de l'âme corrompue, ainsi qu'avec ce que tu dis concernant la dilution de la contestation, et le flux stérile et divisé.
La chute des idéologies doit y être pour quelque chose...


Je crois qu'il y est même pour beaucoup. La contestation est presque inaudible essentiellement pour cette raison. Il y a un espace idéologique qui fait défaut. C'est bien ou mal ? Je ne sais pas.

Il y a trente ans, je perdais l'un de mes meilleurs amis qui a eu le courage de passer à l'action. Il a payé de sa vie son désir d'établir les bases pour vivre dans une société plus juste, plus équitative, et moins corrompue.

Mai 68 fut un cri d'alarme. On voulait vivre autrement. Mais le discours a changé. A cette époque Godard disait :
d'un côté il y a la démocratie, de l'autre la révolution.
Récemment j'ai vu à la télé l'un de ces derniers films, Notre Musique. Là, il marque un changement (une évolution aussi, à mon avis) par rapport à sa pensée d'autrefois. J'en ai retenu surtout cette phrase :
Tuer un homme pour défendre une idée, ce n'est pas défendre une idée, c'est tuer un homme.
Lecon bien apprise en Argentine, particulièrement par les gens de ma génération.


post scriptum; hors sujet (ou pas tellement ?), à un moment donné du film (notre musique), on pose cette question à Godard; - les cameras numériques sauveront le cinéma ? Godard n'y répond pas :exas:
touche pas à mon hamac !
http://barnackla404.blogspot.com/
  • Message par coignet, samedi 8 décembre 2007 à 18h53

  
Garotihno nous confie
Il y a trente ans, je perdais l'un de mes meilleurs amis qui a eu le courage de passer à l'action.
Il faut reconnaître, Garotinho, qu'on ne peut absolument pas comparer la France (même de De Gaulle, avec ses services de police, sa censure, sa tentation autoritaire, et même sa connerie congénitale), à l'Argentine des années 60, ni même à celle d'aujourd'hui.
Pour nous, en France, c'est un luxe de se poser des questions politiques, même pour la classe ouvrière.
En Argentine, on peut mourir pour un combat. Ici, ça n'a pas beaucoup de sens.
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