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Une vie
Une autre page à la recherche du temps perdu.

Une vie : celle de mon grand-père maternel
 
Naissance à Berlin, en 1896, dans une famille bourgeoise, protestante.
 
Berlin, 1899
 
L'enfance est heureuse.
1906, au bord du lac de Wannsee (en haut à droite)
 
1912, en vacances avec son père et sa sœur ainée
 
1915, après s'être engagé sur le front de l'Est où il est gravement blessé, il est envoyé à Verdun.
Il n'en parlera quasiment jamais, sauf à demi-mots, avec de l'épouvante au fond des yeux.
(à droite sur la photo)
 
 
 
La vie reprend. Il devient amoureux.
Nouvelles heures de bonheur au bord de Wannsee, avec sa fiancée, son frère, son beau-frère, ses neveux...
 
Le mariage ne se fera pas. Je ne sais pourquoi. Mais il rencontrera ma grand-mère peu de temps après.
Ambiance berlinoise des années 20. La vie est ouverte devant eux.
Il est beau. Il me fait penser à Gustav Mahler jeune.
 
Le voici attentionné auprès de sa jeune épouse qui attend leur premier enfant.
 
Il est fier de son premier fils, cet oncle que je n'ai jamais connu, mort d'amour à 25 ans.
 
4 autres enfants viendront agrandir cette famille, dont ma mère, 2 ans plus tard
 
Il a 43 ans et 5 enfants quand éclate la guerre.
Enrôlé dans la Wehrmacht comme officier, il sera à Paris en 1943.
Je n'ai jamais voulu en savoir davantage.
 
La vie reprend.
La famille, éparpillée par la guerre, mettra plus d'un an après la fin de la guerre pour se retrouver.
 
Après la guerre, il sera nommé à la tête des finances de la ville de Krefeld, dans l'ouest de l'Allemagne.
Il y restera jusqu'à sa retraite.
Le voici comme je l'ai en mémoire : fumant le cigare, qui embaumait tous les lieux qu'il habitait.
L'odeur du cigare joue pour moi le rôle de la plus forte des madeleines de l'enfance
 
Ma mère est la première de ses enfants à partir.
La voici, entourée de ses parents et de son petit frère, à Bruxelles, où elle a rencontré mon père,
un français, fils d'officier de marine...
Un couple franco-allemand dans les années 1950, ça méritait bien une enquête de part et d'autre,
pour savoir si la fiancée allemande était issue d'une famille convenable pour mériter le fils,
et si le fiancé français était digne de la fille...
Les deux partis ont dit oui.
Et voilà pourquoi je peux être ici aujourd'hui à vous raconter cette histoire...
 
Après la naissance de ses petits-enfants francophones, mon grand-père,
âgé de plus de 70 ans, ira plusieurs années de suite à l'université pour parfaire son français.
A la maison, en effet, ma mère ne nous a jamais parlé allemand.
Dans les années 60, le bilinguisme, surtout franco-allemand, n'était pas bien vu...
 
Ce vieil homme qui se promène au Parc de la Tête d'Or de Lyon avec deux de ses petits enfants était le meilleur des grand-pères.
 
Ici, dans le jardin de la maison de Berlin, qui m'accueillera près de 30 ans plus tard.
Je l'aimais.
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