coignet
...la photo est belle. Je préfère à tes séries au Leica M…
Comment expliquer ça ?...
Il y a des raisons « structurelles » à cela, à savoir intimement liées à la dialectique entre la technique et le récit.
Comme dit Depardon, le photographe est aux prises avec le réel. Le réel est autour de nous, de moi en l’occurrence. La trame d’un récit surgit donc à tout moment, la photo s’offre fugitivement à moi, le réel s’entrouvre l’espace d’un seconde pour laisser filtrer le récit, fiction tapie dans la réalité.
La première image, par exemple, je l’ai faite par dessus le bras de mon voisin de cabine. Le recul était de 20-30 cm. Impossible de viser à l’œil, impossible d’utiliser un format 24x36 : il faut un très petit format pour pouvoir utiliser un très grand angle et avoir ainsi une très grande profondeur de champ.
La dernière, cette jeune fille m’a dépassée en marchant dans la rue. J’ai cadré l’image à moins d’un mètre du sol, en marchant : en visant à l’œil, impossible.
Tout cela avec une exposition matricielle automatique, et un réglage automatique de la sensibilité entre 100 et 400 ISO. La décision de faire la prise de vue est instantanée, et le côté dilettante de la photo au téléphone ne choque personne : chacun garde son naturel puisque le photographe n’accomplit pas le geste rituel, générateur de méfiance et suspicion, de porter un appareil dédié à son œil.
Ensuite il y a mes recettes pour le post-traitement…
Et attention, la définition n’est pas excellente non plus (3,2 Mpx).
Garotinho, belle citation et fort à propos. Non, on est jamais seul avec sa solitude, bien au contraire. Ma solitude est peuplée de ceux que j’aime, vivants et disparus…